Par Audrey
Comprendre le cycle et stimuler la croissance de ses cheveux naturellement
Avant de vous partager ma routine et ce qui a vraiment fait pousser mes cheveux, j’avais besoin de comprendre ce qui se passe à la racine, au sens propre. J’ai donc passé pas mal de temps à lire des études et à démêler le vrai du marketing, et voici ce que j’en ai retenu. Cette page pose les bases : le « pourquoi » et le « comment » de la pousse.
Quand j’ai commencé à m’intéresser sérieusement à la santé de mes cheveux, j’ai vite compris une chose : impossible d’agir efficacement sans comprendre d’abord comment un cheveu pousse.
Comment fonctionne réellement la pousse des cheveux ?
La première chose qui m’a surprise, c’est que chaque cheveu vit sa vie indépendamment de ses voisins. Ils ne poussent pas tous en même temps et ne tombent pas tous en même temps.
C’est exactement pour ça qu’on perd des cheveux chaque jour sans que ce soit inquiétant : à un instant donné, chacun se trouve à une étape différente d’un cycle en plusieurs phases.
Cycle de pousse en 3 phases
La phase anagène : la croissance active

C’est la vraie phase de pousse, celle où le cheveu s’allonge. Elle dure en moyenne 2 à 6 ans et concerne la grande majorité de notre chevelure, soit environ 85 à 90 % des cheveux à un moment donné.
Et c’est là que tout se joue : plus votre phase anagène est longue (une caractéristique en grande partie génétique), plus vos cheveux peuvent atteindre une grande longueur avant de tomber. Deux personnes ayant la même vitesse de pousse n’auront donc pas la même longueur maximale possible.
La phase catagène : la transition

Une phase courte, de l’ordre de 2 à 3 semaines, pendant laquelle le cheveu cesse de pousser. Le follicule pileux se rétracte progressivement et le cheveu se détache peu à peu de sa base nourricière.
Elle ne concerne qu’une toute petite fraction des cheveux (généralement 1 à 3 %), ce qui la rend presque invisible au quotidien.
La phase télogène : le repos, puis la chute

Le cheveu se met ensuite au repos pendant environ 3 mois, une phase qui concerne 10 à 15 % des cheveux du cuir chevelu. Il ne pousse plus, mais ne tombe pas immédiatement.
À la toute fin, une étape de libération (que les scientifiques appellent la phase exogène) provoque sa chute naturelle, souvent au lavage ou au brossage, pendant qu’un nouveau cheveu entame déjà, en dessous, sa propre phase anagène. C’est un cycle continu et parfaitement normal.
Ce que ça change concrètement : perdre entre 50 et 100 cheveux par jour n’a rien d’anormal, c’est le fonctionnement même du cycle. Ce qui doit alerter, c’est une chute soudaine, diffuse ou qui s’intensifie dans le temps.
5 facteurs qui influencent la pousse des cheveux
En creusant, j’ai réalisé que la pousse ne dépend pas d’un seul « secret » mais d’un ensemble de facteurs. Certains sont hors de notre contrôle, d’autres non, et c’est sur ces derniers qu’on peut vraiment agir.
La génétique
C’est la grande base. La vitesse de pousse, la densité, la durée du cycle capillaire et la prédisposition à certains types de chute sont en grande partie déterminées génétiquement. On ne la change pas, mais la connaître aide à se fixer des attentes réalistes.
Les hormones
Grossesse, post-partum, ménopause, dérèglements thyroïdiens, hormones androgéniques : les variations hormonales peuvent nettement accélérer, ralentir ou fragiliser la pousse. C’est par exemple pour ça que beaucoup de femmes observent une chevelure très dense pendant la grossesse, suivie d’une chute quelques mois après l’accouchement.
L’alimentation et les carences
Le cheveu est majoritairement composé de kératine, une protéine. Il a donc besoin de « matière première » pour se construire.
C’est un point sur lequel la littérature scientifique est plutôt solide : une revue de référence publiée en 2019 dans la revue Dermatology and Therapy (Almohanna et coll.) rappelle que les micronutriments jouent un rôle réel dans le cycle du follicule, et qu’un déficit en fer, zinc, vitamine D ou vitamines B peut être associé à certaines formes de chute.
Le stress et le mode de vie
C’est le facteur qui m’a le plus intriguée. On répète souvent que « le stress fait tomber les cheveux », et il se trouve qu’une étude publiée dans la revue Nature en 2021 par une équipe de Harvard a décrit un mécanisme précis.
Chez la souris, un stress chronique élève une hormone (la corticostérone, équivalent du cortisol chez l’humain) qui prolonge la phase de repos des follicules et retarde leur remise en croissance.
À prendre avec les précautions d’usage : il s’agit d’un modèle animal, et on ne peut pas transposer mot pour mot à l’humain. Mais ce travail donne une base biologique crédible à une observation très ancienne.
La santé du cuir chevelu
Cette partie qui selon moi est la clé, mais qu’on oublie souvent : le cuir chevelu est le « terreau » du cheveu. Un cuir chevelu encombré, irrité ou mal irrigué peut freiner la pousse. À l’inverse, un cuir chevelu sain, propre et bien stimulé constitue la base d’une pousse optimale. C’est d’ailleurs le point commun de plusieurs pistes naturelles qui suivent.
Pousse des cheveux : les erreurs que j’ai arrêté de faire
- Couper ses cheveux « pour les faire pousser plus vite » : cela n’a aucun effet sur le bulbe. Couper assainit les pointes et limite la casse, mais n’accélère pas la racine.
- Brosser ses cheveux mouillés de façon agressive : c’est le moment où la fibre est la plus fragile.
- Multiplier les shampoings, ou au contraire trop les espacer : chaque cuir chevelu a son bon rythme, l’excès dans un sens comme dans l’autre le déséquilibre.
- Ignorer une chute inhabituelle : en cas de chute soudaine, diffuse ou durable, on consulte un dermatologue ou un trichologue. Aucune routine ne remplace un diagnostic.
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FAQ : pousse des cheveux, vos questions les plus fréquentes
Pourquoi mes cheveux ne poussent-ils plus ?
Le plus souvent, il s’agit de casse (les cheveux poussent mais se cassent en longueur), et non d’un arrêt réel à la racine. D’autres causes sont possibles : une carence (fer, zinc, vitamine D…), un stress important, un dérèglement hormonal ou une chute excessive. En cas de doute persistant, consultez un dermatologue.
Le stress fait-il vraiment tomber les cheveux ?
Oui, un stress important peut déclencher un effluvium télogène, c’est-à-dire une chute temporaire. Une étude publiée dans Nature en 2021 a même décrit, chez la souris, comment l’hormone du stress prolonge la phase de repos des follicules. La bonne nouvelle : ce type de chute est généralement réversible une fois le stress apaisé.
Combien de temps pour voir des résultats sur la pousse des cheveux ?
Le cycle capillaire est lent : comptez généralement 3 à 6 mois de routine régulière avant de constater des résultats visibles. La régularité prime sur l’intensité.
Les compléments alimentaires sont-ils efficaces pour la pousse des cheveux ?
Ils sont utiles surtout en cas de carence avérée (fer, zinc…), et ne remplacent pas une alimentation équilibrée. Pour la biotine notamment, la supplémentation n’est pas recommandée sans carence documentée. Un avis médical avant toute cure reste la meilleure approche.
Sources et références
Cette page s’appuie sur des travaux scientifiques et des revues de la littérature. Pour aller plus loin :
- Koyama T, Kobayashi K, Hama T, Murakami K, Ogawa R. Standardized Scalp Massage Results in Increased Hair Thickness by Inducing Stretching Forces to Dermal Papilla Cells in the Subcutaneous Tissue. Eplasty, 2016;16:e8.
- English RS Jr, Barazesh JM. Self-Assessments of Standardized Scalp Massages for Androgenic Alopecia: Survey Results. Dermatology and Therapy (Heidelb), 2019;9(1):167-178.
- Almohanna HM, Ahmed AA, Tsatalis JP, Tosti A. The Role of Vitamins and Minerals in Hair Loss: A Review. Dermatology and Therapy (Heidelb), 2019;9(1):51-70.
- Micronutrients and Androgenetic Alopecia: A Systematic Review. Molecular Nutrition & Food Research, 2024.
- Choi S, Zhang B, Ma S, et al. Corticosterone inhibits GAS6 to govern hair follicle stem-cell quiescence. Nature, 2021;592(7854):428-432.
- Panahi Y, Taghizadeh M, Marzony ET, Sahebkar A. Rosemary oil vs minoxidil 2% for the treatment of androgenetic alopecia: a randomized comparative trial. Skinmed, 2015;13(1):15-21.
Les informations de cette page sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas de chute de cheveux inhabituelle ou persistante, consultez un dermatologue ou un trichologue.
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